La méditation est un outil puissant qui a de nombreux avantages sur la santé. Il s’agit du processus consistant à penser profondément ou à concentrer son esprit pendant un certain temps dans le but d’obtenir des sentiments de relaxation et de paix intérieure.

Si la méditation est une pratique ancienne qui existe depuis des siècles, les scientifiques commencent tout juste à étudier ses effets sur le corps humain.

Les recherches se concentrent notamment sur l’impact de la méditation sur le cerveau. Des études montrent que la méditation présente divers avantages neurologiques, allant de la modification du volume cérébral à la diminution de l’activité dans les parties du cerveau impliquées dans le stress.

Vous trouverez ci-dessous quatre façons par lesquelles il a été démontré que la méditation modifie le cerveau :

1. La méditation modifie les propriétés du cerveau

Certaines études suggèrent que la pratique de la méditation de pleine conscience peut réellement modifier les fonctions du cerveau. Une étude publiée dans la revue Psychiatry Research et menée par une équipe de chercheurs de l’université de Harvard a utilisé des scanners cérébraux pour déterminer que huit semaines d’un programme d’entraînement à la pleine conscience appelé Mindfulness-Based Stress Reduction (MBSR) ont augmenté l’épaisseur du cortex de l’hippocampe, la partie du cerveau qui contrôle l’apprentissage et la mémoire et joue un rôle important dans la régulation des émotions. (1)

Bien que les scientifiques cherchent encore à comprendre les effets des augmentations ou des diminutions de volume de l’hippocampe, on pense généralement que les augmentations sont corrélées à une meilleure régulation des émotions, tandis que les diminutions sont un facteur de risque pour les émotions négatives, comme le stress. En outre, plusieurs troubles mentaux, dont la dépression majeure et le syndrome de stress post-traumatique (SSPT), sont associés à une diminution du volume et de la densité de l’hippocampe.

L’étude a également montré une diminution du volume de l’amygdale, la partie du cerveau impliquée dans l’expérience d’émotions telles que la peur, le stress et l’anxiété. De plus, les changements observés dans le cerveau correspondaient aux niveaux de stress déclarés par les participants, ce qui signifie que la méditation modifie non seulement les structures du cerveau, mais aussi ce que ressentent réellement les personnes qui la pratiquent.

Une étude de suivi menée par les mêmes chercheurs et publiée en février 2014 dans la revue Frontiers in Human Neuroscience a également démontré que les changements observés dans le cerveau après la méditation correspondaient à l’amélioration du niveau de stress perçu par les participants. (2)

2. La méditation et la régulation du stress

Une petite étude publiée en juillet 2016 dans la revue Biological Psychiatry a utilisé des scanners cérébraux pour analyser les effets de la méditation sur le cerveau et la santé des personnes.

Pour l’étude, les chercheurs ont recruté 35 adultes sans emploi qui étaient à la recherche d’un emploi et subissaient un stress considérable. Les participants ont été répartis en deux groupes pour une intervention de trois jours : un groupe auquel on a enseigné un programme formel de méditation de pleine conscience et un groupe auquel on a enseigné une sorte de “faux” programme de méditation axé sur la dissimulation des soucis, par exemple par des bavardages ou des plaisanteries.

À la fin de l’intervention, les participants ont effectué des scanners cérébraux et ont constaté que ceux qui avaient participé à la formation à la méditation manifestaient une activité plus intense dans les zones du cerveau liées à l’état de repos.

Lors d’un suivi quatre mois plus tard, ceux qui avaient participé au groupe de méditation présentaient également des niveaux plus faibles d’un marqueur dans leur sang lié à une inflammation malsaine, un état physique étroitement lié au stress.

3. Comment la méditation peut aider à améliorer l’attention et la concentration

Dans le monde trépidant d’aujourd’hui et ses nombreuses distractions, tout le monde a du mal à rester concentré de temps en temps. Sans surprise, les scientifiques affirment qu’il y a des raisons de croire que la méditation peut y contribuer.

Une étude publiée en mars 2013 dans la revue Psychological Science suggère que la méditation de pleine conscience peut diminuer le vagabondage de l’esprit et améliorer les performances cognitives. (3) Les chercheurs ont constaté qu’un cours de méditation de pleine conscience de deux semaines a aidé les participants à se concentrer et à mémoriser pendant qu’ils passaient l’équivalent du Bac. La formation a permis d’améliorer les scores et de réduire l’apparition de pensées distraites.

Une autre étude, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, a donné des résultats similaires. Les chercheurs ont comparé le cerveau de pratiquants expérimentés de la méditation à celui de personnes novices dans cette pratique et ont accordé une attention particulière au réseau du mode par défaut (DMN), c’est-à-dire la partie du cerveau qui est active lorsque la personne n’est pas concentrée sur le monde extérieur. Il s’agit essentiellement de la partie responsable des pensées vagabondes qui apparaissent lorsque l’on est assis sans bouger ou sur le point de s’endormir.

Les chercheurs ont constaté que chez les méditants expérimentés, le DMN était relativement désactivé pendant que les participants pratiquaient diverses formes de méditation, ce qui se traduit par moins de pensées distraites que chez les méditants novices.

4. La méditation et la conversation d’un cerveau jeune

Des recherches initiales suggèrent également que la méditation pourrait contribuer à protéger le cerveau contre le vieillissement. Des recherches publiées dans la revue NeuroImage par une équipe de l’UCLA suggèrent que les personnes qui méditent présentent moins d’atrophie liée à l’âge dans la matière blanche du cerveau.

Une étude de suivi publiée en janvier 2015 dans la revue Frontiers in Psychology a révélé que la méditation semble également aider à préserver la matière grise du cerveau, le tissu qui contient les neurones et qui est relié par la matière blanche. (4)

Pour cette étude, les mêmes chercheurs ont comparé le cerveau de 50 personnes ayant médité régulièrement pendant 20 ans avec celui de personnes n’ayant pas médité. Les individus des deux groupes ont montré une perte de matière grise du cerveau en vieillissant, mais pour ceux qui méditaient, le déclin était moindre.

Les chercheurs précisent que l’étude ne permet pas d’établir une relation de cause à effet entre la méditation et la préservation de la matière grise dans le cerveau. Ils estiment néanmoins que cette étude est prometteuse et demandent que d’autres recherches soient menées afin d’explorer plus avant les effets protecteurs potentiels de cette pratique sur le cerveau vieillissant.

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